Les Fiches Théoriques (Eau )

Sécheresse et inondation



L’eau et les changements climatiques :
Sécheresse et inondation


La sécheresse

Qu’est-ce que la sécheresse ? (www.oieau.fr)
La sécheresse est une déficience conjoncturelle des apports d’eau par les pluies.

En France, les services de l’Etat surveillent les débits d’eau au moyen de 550 stations de surveillance des cours d’eau et des pluies.

La sécheresse a un coût économique, non seulement pour les différents secteurs : 1 milliard d’euros de dégâts pour l’agriculture ont été déboursés en 2003 ; mais également pour l’environnement : 1,6 milliard d’euros pour les dommages causés par les incendies.



Quelles mesures sont prises ? (www.oieau.fr)
Si une pénurie d’eau est à présager, selon le degré d’alerte (faiblesse du débit des nappes et des cours d’eau, ampleur des prélèvements sur la ressource), des mesures plus ou moins restrictives sont mises en place :
- Sensibilisation des plus grands consommateurs d’eau,
- Information de la population,
- Restrictions d’usage en eau (pour favoriser l'accès aux opérations vitales : incendies…) pour les particuliers, les industriels, les agriculteurs, les collectivités.

Ces mesures sont prises par trois autorités à compétences territoriales distinctes, qui interviennent selon le degré d’alerte :
- Le maire qui est responsable du territoire communal,
- Le préfet qui est responsable du territoire départemental,
- Le préfet coordinateur de bassin qui est responsable du territoire interdépartemental.

En cas de sécheresse, la distribution de l’eau reste un usage prioritaire, mais il faut aussi assurer les usages économiques de l’eau et la préservation des milieux aquatiques.


Quel est mon rôle pour limiter les conséquences de la sécheresse ? (www.oieau.fr)

Respecter les préconisations faites par les autorités :
- Ne pas laver les véhicules, la voirie et les trottoirs.
- Ne pas remplir les piscines privées. Sachons qu’en les remplissant nous utilisons 50 000 à 80 000 litres.
- Ne pas arroser les pelouses, les espaces verts publics et privés.
- Ne pas remplir les plans d’eau.
- Ne pas effectuer de prélèvements dans les cours d'eau, sauf pour les opérations de secours.

Les entreprises peuvent également être obligées de réduire leur consommation d’eau aux niveaux d’alerte fixés par leurs arrêtés d’autorisation.

Les sanctions en cas de non-respect (www.oieau.fr)
En cas de non-respect des mesures de restriction d’utilisation de l’eau définies dans les arrêtés préfectoraux, nous nous exposons à une amende dont le montant peut s’élever jusqu’à 1500 euros, voire 3 000 euros en cas de récidive.

Que s’est-il passé du côté de l'Alsace en 2003 ?(Comité technique de l’eau)

Précipitations en baisse – températures en hausse :
- L'Alsace a connu dans le sud et l'ouest de la région une sécheresse plus importante qu'en 1976, année de sécheresse importante.
- Les températures ont été supérieures aux normales saisonnières, notamment début août (> 40°).
- Depuis février 2003, les précipitations ont été très déficitaires sur l'ensemble de la Région
- Le plus faible rapport aux moyennes est de 53 % à Rouffach (Haut-Rhin).
- Le plus élevé est de 81 % à Hegeney (Bas-Rhin).

Qualité des cours d'eau :
- La température plus élevée des eaux a entraîné une diminution de l'oxygène dissous, d'où une mortalité des poissons sur quelques tronçons de cours d'eau.
- Le métabolisme des organismes aquatiques a été stimulé : il y eut un fort développement de la végétation aquatique.

La nappe phréatique
La nappe de la plaine du Rhin a baissé progressivement depuis le mois de février 2003 jusqu'en août, sans atteindre les très faibles niveaux de l'année 1976, sauf localement dans le nord de la région (sites de Rossfeld et Lipsheim par exemple).

Conséquences de la sécheresse sur :
- Les milieux aquatiques :
Des mortalités limitées et discrètes des poissons, suite à une plus forte concentration des polluants.

- Sur l'alimentation en eau potable :
Bas-Rhin :
- 7 réseaux ont connu des difficultés

Haut-Rhin :
- 11 communes avec des difficultés importantes
- difficultés rencontrées par des fermes-auberges

- Sur l'agriculture : Baisse de rendement significative
- Blé 20 à 40 %
- Maïs 10 à 50 %
- Prairies > à 50 %

- La végétation :
Affaiblissement général des peuplements forestier qui provoque une surmortalité.

Les actions d'information et de communication réalisées en 2003
- Juin 2003 : un contact direct avec les maires (Bassin versant du Giessen et de l'Ehn)
- Juillet 2003 : création du comité de suivi de la sécheresse
- Communiqué de presse tous les vendredis jusqu'à mi octobre (évolution débits, mesures prises)
- Réponse à de multiples demandes (élus, presse, particuliers)

Des mesures réglementaires ont été prises :
- arrêtés
- restrictions d'usage
- restrictions agricoles
- restrictions industrielles

Les mesures curatives adoptées pour l'eau potable
- Sélestat : changement de pompes
- Bouxwiller-Bastberg : nouveau forage + citerne
- Fouchy et St Blaise : interconnexion
- Russ, Urmatt et Saulxures : citerne


L’inondation

Qu’est-ce que l’inondation ?

L’inondation est un phénomène de submersion de terres lors des hautes eaux.



Il existe deux types d’inondations : (www.eau-seine-normandie.fr)

- Les inondations par débordements de rivières (www.eau-seine-normandie.fr)
Ce sont des inondations lentes et puissantes résultant de pluies incessantes et régulières sur des bassins étendus. Elles surviennent entre décembre et avril.
Lors de crues extrêmes, les biens et les personnes sont menacés. Par contre, ces eaux sont bénéfiques pour le fonctionnement de l’hydrosystème, comme l’approvisionnement des nappes et l’enrichissement des milieux aquatiques…


- Les inondations localisées (www.eau-seine-normandie.fr)
Lorsqu'elles sont la conséquence d’orages, ces inondations par ruissellement se caractérisent par leurs violences localisées.

Les inondations par remontées de nappes sont liées à la nature du sol. Le niveau de l’eau peut monter par endroits alors que le niveau de la rivière diminue ou avant même que la rivière ne sorte de son lit.



La responsabilité humaine (www.eau-seine-normandie.fr)
L’homme accentue le caractère catastrophique des inondations, par son intervention sur le régime hydrologique des rivières et par l’aménagement des vallées et des bassins versants encourageant l’accélération des transferts vers l’aval plutôt que l’infiltration.

L’importance des inondations et leur violence sont accentuées par :
- L’urbanisation, l’implantation d’activités industrielles et commerciales…
- L’imperméabilisation des sols en zone urbaine
- La diminution d’infiltrations naturelles en zone rurale par la suppression des forêts
- Les travaux d’endiguement qui accélèrent les écoulements en amont ou en aval
- L’abandon d’entretien des cours d’eau

La prévention (ministère de l’écologie et du développement durable)
Identifier les zones inondables permet aux acteurs concernés (les services de l’Etat, les communes et les particuliers) de prendre les mesures nécessaires afin de limiter les conséquences d’une inondation.

Les atlas de zones inondables réalisés par l’Etat à l’aide des plus grandes crues connues sont un outil permettant de relever les zones à risque et les zones de stockage à préserver. Ils sont actuellement en cours de réalisation.
Dans ces zones-ci, les constructions nouvelles seront interdites suivant le plan de prévention du risque d’inondation, élaboré par l’Etat en concertation avec les maires.

La prévision (ministère de l’écologie et du développement durable)
L’Etat, à travers le service de prévision des crues qui surveille en permanence la pluie et les écoulements des rivières, annonce les crues des cours d’eau les plus importants à environ 6 300 communes rassemblant plus de 90 % des populations installées en zones inondables.


La protection des personnes et des biens (ministère de l’écologie et du développement durable)
La mise en place du plan Bachelot prévoit de réunir 130 M d’€ sur 4 ans pour financer certaines dispositions comme la réalisation de digues et aménagements de protection pour les zones urbaines et la surveillance et l’entretien des structures existantes.

D’autres moyens de prévention des inondations sont :
- La restauration des cours d’eau : maintien du libre écoulement des eaux
- La préservation des champs d’expansion des crues permettant la régulation des hautes eaux
- Les plans de prévention des risques d’inondation
- Information du public par l’Etat et les communes (atlas des zones inondables, les dossiers départementaux et communaux sur les risques majeurs..
- Interdiction de construire des digues et remblais sans autorisation de l’Etat
- Obligation d’entretien des digues par leurs propriétaires

Que se passe-t-il en Alsace ? (Comité technique de l’eau)

Le risque d'inondation en Alsace :
- 187 communes soumises au risque d'inondation par débordement dans le Haut-Rhin,
- 270 communes dans le Bas-Rhin,
- Coulées de boue (Sundgau, Kochersberg et piémont).

Pour connaître les zones inondables :
Zone à risque élevé à l'arrière des digues (exemple de l'Ill)
Le potentiel destructeur est lié à la vitesse de l'eau et à sa hauteur. Le risque est considéré comme élevé si au moment de la rupture :
- La vitesse est supérieure à 1m/s et la hauteur supérieure à 0,5 m
- La vitesse est supérieure à 2 m/s
- La hauteur est supérieure à 1 m

Des plans de prévention du risque inondation (PPR) sont mis à disposition du public et des cartes sur les zones inondables seront accessibles sur internet. (l’adresse Internet n’est actuellement pas encore disponible).