Pollution des ressources en eau et de l’eau du robinet
Qu’est-ce que la pollution de l’eau ?
La pollution de l’eau est une contamination par des substances et des corps étrangers, notamment des micro-organismes, des produits chimiques et des déchets agricoles, ménagers ou industriels. Ils dégradent la qualité de l’eau, perturbent la vie aquatique ou le fonctionnement naturel des écosystèmes et altèrent la santé de l’homme.
Les problèmes posés par la pollution sont liés à la quantité de produits rejetée et à leur nocivité. Il est important de réduire la quantité de pollution et de faire en sorte qu’elle soit le plus biodégradable possible.
Pour être biodégradables, les molécules doivent se décomposer dans la nature ou dans l’eau facilement et rapidement. Il y a deux stades successifs de biodégradabilité :
- Primaire : les molécules sont cassées en plusieurs morceaux.
- Ultime : Ces morceaux sont encore une fois dégradés en des molécules plus petites, de base, inoffensives.
Caractéristiques :
Une pollution est soit accidentelle, soit chronique.
- Elle est accidentelle lorsqu’elle est liée à un événement imprévu.
- Elle est chronique lorsque la source de pollution est régulière ; c’est un problème de fond.
Les pollutions peuvent être localisées ou diffuses dans l’espace. Elles sont localisées lorsque l’espace pollué est bien déterminé et peu étendu. Elles sont diffuses lorsque l’espace pollué est vaste et difficile à circonscrire.
Un dépôt sauvage dans la nature, exposé aux intempéries, peut produire des substances toxiques s’infiltrant dans le sol et susceptibles de polluer l’eau !
1 litre d’huile peut polluer 100 000 litres d’eau.
La pollution de nos ressources
Il existe différents types de pollutions d’origine humaine :
| POLLUTIONS | PROVENANCES | IMPACT SUR L’ENVIRONNEMENT |
Les apports excessifs de matières organiques | Des rejets des eaux usées domestiques, industrielles et de sites d’élevages. | Perturbent l’équilibre biologique du fait du manque d’oxygène pour les espèces vivantes. | | Les apports excessifs de matières minérales (nitrates, phosphates) | Des rejets des eaux usées domestiques, de l’industrie et de l’agriculture. | Entraînent des déséquilibres tels que :
- La prolifération de la végétation aquatique,
- L’appauvrissement de la teneur en oxygène de l’eau,
- La diminution des variétés d’espèces animales et végétales.
C’est un phénomène que l’on appelle l’eutrophisation. | | Les apports de substances toxiques (pesticides, métaux lourds, solvants chlorés…) | Des rejets de nos eaux usées :
- Domestiques (produits jetés dans les toilettes),
- Industriel,
- Agricoles (utilisation d’engrais et de phytosanitaires : pesticides). | Substances toxiques :
- effet immédiat ou à terme, par bioaccumulation (accumulation des toxiques dans les organismes tout au long de la chaîne alimentaire).
- Effets sur la faune et la flore à partir d’une très faible concentration dans l’eau.
- Les pesticides (pollution diffuse) : polluent les cours d’eau et les nappes souterraines par ruissellement ou infiltration.
- Solvants chlorés : pollution localisée. |

Ces 2 photos ont été prises à Strasbourg. Elles représentent la pollution de l’Ill.
Qu’en est-il pour l’Alsace ?
L’eau de la nappe alsacienne est naturellement potable, mais menacée par la pollution résultant des activités domestiques, industrielles et surtout agricoles.
La pollution de la nappe par les pesticides est la première cause de dégradation de la qualité de la nappe en Alsace.
La pollution par les nitrates est présente dans l’ensemble de la nappe d’Alsace. Mais globalement elle n’altère pas la qualité de l’eau. Cependant, cette présence rend 10 % de la nappe aujourd’hui inutilisable.
Les principales sources de pollution d’origine domestique :
Une famille rejette en moyenne, chaque jour, environ 500 litres d’eaux sales. (Connaître pour bien agir)
Les produits détergents :
Ce sont les lessives, les produits vaisselle, les poudres à récurer ou crèmes lavantes, les produits d’entretien des sols mais aussi les cosmétiques (shampooing, gel douche…). Ils servent à laver ou nettoyer et contiennent des tensioactifs ainsi que d’autres composants qui jouent un rôle dans l’efficacité du produit et qui peuvent servir d’arguments commerciaux.
Que sont les tensioactifs ?
Les détergents contiennent au moins deux tensioactifs. Ce sont des agents qui favorisent la pénétration de l’eau, facilitent le décollement des salissures et les maintiennent en suspension dans l’eau de lavage jusqu’à leur évacuation avec les eaux usées. Il en existe trois types :
- Les tensioactifs non ioniques à pouvoir moussant faible,
- Les tensioactifs cationiques à pouvoir moussant faible et à action désinfectante,
- les tensioactifs anioniques à bon pouvoir moussant.
Tous les tensioactifs sont peu biodégradables et toxiques pour les organismes aquatiques.
Les composants des détergents peuvent être tous plus ou moins toxiques pour l’environnement, voire pour la santé, et se retrouvent souvent en excès dans le milieu naturel. Une biodégradabilité importante du produit équivaut à un impact réduit sur l’environnement.
La biodégradabilité primaire des composants doit être supérieure à 90 %. Cette obligation légale est essentielle mais insuffisante. Choisissez des produits biodégradables à plus de 98 %.
Les lessives :
Les lessives sont composées d’une dizaine de produits différents.
- Certains sont utiles pour l’efficacité du lavage : des tensioactifs, des adoucissants, et des agents de blanchiment.
- Les autres composants sont facultatifs mais surtout utiles aux arguments commerciaux : les azurants optiques, les assouplissants, les colorants, les parfums…
Les produits nettoyants à usage spécifique :
De nombreux produits d’entretien nous facilitent la vie, tels les décapants, les détartrants, les déboucheurs, l’eau de Javel, les détachants, les solvants… Leurs composants sont une multitude de produits chimiques qui remplacent le travail manuel et mécanique. Ils contiennent aussi très souvent des tensioactifs. Ils sont en général très agressifs pour l’homme et pour l’environnement.
- Les déboucheurs paillettes ou liquides sont agressifs pour les canalisations et toxiques pour la faune aquatique.
- Les décapants pour fours sont très agressifs et irritants pour la peau et les muqueuses.
- L’eau de Javel contient du chlore. Celui-ci peut se combiner à des molécules organiques et former des organo-chlorés, composés toxiques, persistants et qui s’accumulent dans les chaînes alimentaires. Certains d’entre eux sont cancérigènes. Si les eaux sont évacuées vers une fosse septique, l’eau de Javel peut éliminer la faune de la fosse et donc perturber son bon fonctionnement. Le stockage et l’utilisation de l’eau de Javel (surdosage, manipulation sans précaution) peuvent être à l’origine d’accidents domestiques. L’eau de Javel est un oxydant puissant : elle désinfecte, désodorise et décolore. Ce n’est pas un détergent. Il est inutile et illusoire de détruire tous les micro-organismes.
Les huiles de friture :
Usagées, elles sont toxiques.
Les huiles de vidange :
Elles contiennent de nombreux éléments toxiques (métaux lourds, acides…). Elles sont peu biodégradables et restent à la surface de l’eau, car leur densité est plus faible.
Les produits phytosanitaires ou pesticides :
On trouve des pesticides partout et de plus en plus : dans l’eau, le sol, les aliments et dans notre corps. Ce sont des produits chimiques destinés à lutter contre les parasites animaux ou végétaux nuisibles aux cultures. Ils sont dangereux et peuvent nuire gravement à la santé (maladies de la peau, cancers, neurotoxiques…)
Usage à proscrire !!!
Pour les pesticides, 1 gramme de matière active de trop versé, ce sont 10 kilomètres de fossés pollués.
Les produits de bricolage :
Certaines allergies peuvent être déclenchées ou aggravées par de nombreux produits de bricolage (solvants, pigments et liants dans les peintures et les vernis). Préférez les produits diluables à l’eau, composés de matières biodégradables et qui portent un logo environnement.
Eco-label Européen
NF environnement
Les colles universelles contiennent des solvants. Ils sont très toxiques et posent problème. Les colles pour revêtements de sol contiennent des solvants organiques inflammables et toxiques par inhalation.
Chacun d’entre nous génère 2 à 4 kg de déchets dangereux ménagers (DDM) par an (peintures, solvants, médicaments, acides…). (UFC)
Préservons nos ressources en eau !!! (www.region-alsace.fr)
Les acteurs concernés ont aujourd'hui pris conscience de la nécessité de préserver la qualité des eaux souterraines. Diverses actions sont menées visant à réduire les rejets polluants et supprimer la détérioration de la qualité de l'eau. Pour ce faire, cela implique une connaissance constante et approfondie de ces ressources naturelles que sont les eaux souterraines (fonctionnement, qualité…) Des contrats 'Nappes d'Alsace' ont été ainsi signés entre la Région Alsace et l'Agence de l'eau Rhin-Meuse.
Ces actions menées apportent une réponse concrète et opérationnelle au défi régional, à savoir utiliser l'eau potable sans traitement préalable, pour les générations présentes et à venir et garantir ainsi la distribution d'eau potable à faible coût.
La pollution de l’eau du robinet
Pour les nitrates, la réglementation française fixe à 50 mg/l la limite à ne pas dépasser pour une eau potable. A partir de 25 mg/l, les analyses sont renforcées. Il s’agit de la valeur alerte. En Alsace, la moyenne mesurée sur les captages est de 29 mg/l.
L’eau distribuée en Alsace est encore de bonne qualité par rapport à la teneur en pesticides, mais ces teneurs augmentent.
Que se passe-t-il en cas de pollution ?
La réglementation actuelle permet de garantir une eau du robinet exempte de tout risque pathogène pour l’ensemble de la population, mais le risque zéro n’existe pas.
En cas d’incident, les risques sanitaires sont limités et dépendent de l’individu (état de santé, âge), et du type de problème (le polluant, les facteurs de prédisposition), de la nature du contact (cutané, indigestion, concentration, dose, durée d’exposition).
La présence de bactéries, virus ou parasites dans l’eau de consommation se manifeste par des problèmes sanitaires aux symptômes immédiats, rapidement identifiables. Ce n’est souvent pas le cas pour les pollutions d’origine chimique (minérale ou organique) qui n’ont habituellement pas d’incidence immédiate, mais entraînent des effets nocifs après de longues périodes d’exposition.
Le préfet demande au responsable de la distribution de l’eau de prendre des mesures correctives. La limitation des usages de l’eau peut être recommandée par mesure de précaution, alors qu’il n’y a pas de risque avéré.
Le maire ou l’autorité responsable de la distribution de l’eau est chargé d’informer la population des mesures prises et de donner des conseils quant aux comportements à adopter. L’information se fait dans les boîtes aux lettres par tracts, affichettes, voie de presse, médias locaux… Lorsque le problème est résolu, le maire en informe la population et celle-ci peut alors consommer l’eau en toute sécurité.
Consommateurs, restez sereins : une pollution de l’eau distribuée est limitée dans le temps et dans l’espace. Une fois qu’elle a été résorbée, l’eau est à nouveau potable. |