Si la qualité des eaux de baignade est une exigence de santé, elle est également un facteur de développement touristique. L’état de l’environnement et la salubrité des plages sont décisifs dans le choix de la destination du séjour. Les lieux les plus convoités sont ceux dont l’environnement et la qualité des eaux sont les plus préservés. (livre : Guide pratique pour bien gérer l’eau)
Qu’est-ce que les eaux de baignade ?
La directive européenne prévoit l’obligation pour les Etats membres de surveiller la qualité des eaux de baignade, que la baignade y soit expressément autorisée par les autorités compétentes (DDASS) ou que, n’étant pas interdite, elle soit habituellement pratiquée par un nombre important de baigneurs. Les eaux de baignade sont l’eau douce, courante, stagnante ou l’eau de mer. (livre : Guide pratique pour bien gérer l’eau)
Contrôle de la qualité des eaux de baignade
Qui est responsable ?
C’est le Ministère chargé de la Santé qui est responsable de la surveillance sanitaire des eaux de baignade. Le contrôle sanitaire effectué par les services santé-environnement des DDASS, coûte annuellement plus de 3,8 millions d’euros, pris en charge par l’Etat et les communes. (livre : Guide pratique pour bien gérer l’eau)
Quels sont les paramètres de qualité des eaux de baignade ? (www.baignades.sante.gouv.fr)
Les paramètres microbiologiques et les paramètres physico-chimiques, ce qui représente un total de 19 paramètres.
Les paramètres microbiologiques au nombre de 5, sont des germes indicateurs de contamination fécale qui ne sont pas dangereux en eux-mêmes, mais dont la présence peut s’accompagner de celle de germes pathogènes. Présents dans l’eau, ils augmentent le risque sanitaire. Trois germes sont recherchés en routine, et permettent le classement des eaux de baignade :
- Les coliformes totaux,
- Les coliformes fécaux ou Escherichia coli,
- Les streptocoques fécaux ou entérocoques intestinaux.
La recherche d’autres germes tels que les salmonelles et entérovirus peut être effectuée en cas de pollution par des rejets particuliers.
Les paramètres physico-chimiques au nombre de 14 sont pour les principaux :
_
- Les mousses, |
- Les phénols, |- Ces trois paramètres sont déterminants pour le
- Les huiles minérales. _| classement des eaux de baignade
- La couleur,
- Les résidus goudronneux et les matières flottantes,
- La transparence.
Ces paramètres sont repérables de façon visuelle ou olfactive. Selon les situations, d’autres paramètres peuvent être mesurés, tels que les PH, les nitrates, les phosphates, les chlorophylles, les micro-polluants…
Les contrôles (www.baignades.sante.gouv.fr)
Les contrôles sanitaires en saison balnéaire doivent être réalisés au moins deux fois par mois.
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A : eau de bonne qualité |_ Les eaux de baignade classées en A et B sont conformes à la
B : eau de qualité moyenne _| réglementation.
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C : eau momentanément polluée |_ Les eaux de baignade classées en C ou en D, ne sont
D : eau de mauvaise qualité _| pas conformes à la réglementation.
Une tolérance est admise pour les cas de non conformité lors d’inondations, de catastrophes naturelles ou de conditions météorologiques exceptionnelles.
Les interdictions de baignade (www.baignades.sante.gouv.fr)
Elles peuvent être formulées suite aux résultats obtenus à la saison balnéaire précédente : toutes les eaux de baignade classées en catégorie D et celles classées en catégories C sous certaines conditions l’année précédente, sont interdites à la baignade à moins que des mesures curatives n’aient été mises en place.
Elles peuvent être prononcées tout au long de la saison lorsque les contrôles sanitaires ne satisfont pas les valeurs réglementaires et peuvent nuire à la santé des baigneurs. La baignade sera interdite jusqu’à ce que de nouvelles analyses justifient la bonne qualité des eaux de baignade.
Elles peuvent être annoncées à titre préventif pour limiter les risques d’exposition des baigneurs aux pollutions prévisibles (orages…).
Pollution : (livre : Guide pratique pour bien gérer l’eau)
La pollution industrielle a pratiquement disparu. Mais les eaux de baignade ont été longtemps victimes de l’insuffisance du traitement des eaux usées, ce qui a engendré une dégradation de l’état sanitaire des eaux.
La progression de la qualité des eaux est constante depuis 20 ans. En 1980, 30 % des plages étaient classées non-conformes. En 1998, elles n’étaient plus que 5 %. Cependant, le littoral et le fond des mers sont de plus en plus pollués par des déchets de toutes sortes.
L’IFEN (Institut Français de l’Environnement) recense plus de 8 millions de débris divers sur les fonds du golfe du Lion et 50 millions sur ceux du golfe de Gascogne. Des algues toxiques envahissent l’estuaire de la Seine, la Bretagne, les pays de la Loire et la côte ouest de la Méditerranée.
D’autres sources de pollution doivent être éliminées : L’équipement insuffisant des ports de plaisance, les rejets d’eaux usées des bateaux à la mer, le raccordement des campings…
Comment connaître la qualité des eaux de baignade près de chez vous ? (www.baignades.sante.gouv.fr) + (www.carteleau.org)
Les résultats des contrôles sanitaires sont affichés :
- sur les lieux de baignade,
- en mairie.
Des cartes annuelles sont disponibles auprès des services de la DDASS.
A la fin de la saison estivale, un classement des plages est réalisé suivant les résultats obtenus lors des contrôles de qualité.
Les piscines publiques : (www.carteleau.org)
Les piscines sont définies comme des établissements comportant un ou plusieurs bassins artificiels utilisés pour des activités de bain ou de natation.
Qualité des eaux des piscines publiques : (www.carteleau.org)
L’hygiène dans les piscines est précisément réglementée.
L’eau utilisée pour les baignades en piscines doit :
- provenir d’un réseau de distribution public, sauf autorisation préfectorale expresse,
- être filtrée, désinfectée et assurer la destruction des germes apportés par les baigneurs.
Chaque filtre doit être équipé d’un dispositif de contrôle de l’encrassement, ainsi que d’un dispositif permettant de les vidanger totalement. L’efficacité du filtre encrassé ne doit pas être inférieure à 70 % de celle d’un filtre propre.
Concernant la désinfection, seuls certains produits et procédés peuvent être utilisés :
- Les produits chlorés,
- Du brome,
- De l’ozone.
L’eau doit être renouvelée chaque jour d’ouverture à raison d’au moins 0,03 m3 par baigneur ayant fréquenté la piscine. Ce seuil peut être rehaussé à tout moment par le préfet s’il estime que l’eau contrôlée est de mauvaise qualité.
Une vidange complète des bassins doit être entreprise au minimum deux fois par an ou peut être rendue obligatoire suite à un contrôle révélant des eaux de mauvaise qualité. Toutefois, avant d’entreprendre une vidange, la DDASS doit en être informée 48 heures à l’avance.
Contrôle de la qualité des eaux (www.carteleau.org)
Les frais engagés sont pris en charge par les responsables des installations.
Le préfet fixe la nature et la fréquence des analyses à réaliser pour contrôler la qualité des eaux de baignade. Elles doivent être réalisées au moins une fois par mois.
Les prélèvements sont réalisés par la DDASS et les analyses assurées par des laboratoires agréés.
Les résultats des analyses doivent être communiqués à la DDASS et affichés à la piscine à la vue des baigneurs et accompagnés du rapport et des conclusions de la DDASS.
Lorsque l’analyse de la qualité des eaux n’est pas conforme aux valeurs en vigueur, le préfet peut limiter ou suspendre l’accès à la piscine. Avec une contre-analyse, l’interdiction peut être levée.
Les établissements de baignade doivent également tenir quotidiennement un carnet sanitaire décrivant :
- Les fréquentations,
- Les teneurs en désinfectant, la température, la transparence, le pH, relevés deux fois par jour,
- Les relevés des compteurs d’eau.
Les piscines des hôtels, campings, villages de vacances sont soumises à un régime spécifique selon l’importance de leurs bassins. |