Après usage, l'eau est souillée.
La principale pollution issue de nos eaux usées est organique.
- Les rivières peuvent l'absorber et la dégrader dans une certaine mesure : c'est l'auto-épuration.
- Mais la quantité de matières organiques que nous produisons est bien trop importante et dépasse généralement la capacité d'auto-épuration du cours d'eau. Nous devons traiter l'eau avant de la rejeter dans le milieu naturel : c'est l'assainissement. Ce procédé est indispensable pour préserver à la fois l'environnement et l'hygiène publique.
Qu’est-ce que l’assainissement ?
L'assainissement correspond :
- A la collecte des eaux usées et pluviales,
- Au transport de ces eaux usées,
- Au traitement de ces eaux en station de traitement (STEP : Station d’épuration), avant rejet dans le milieu naturel.
Ce système est essentiel pour préserver les nappes souterraines et les cours d’eau.
Dans le cadre du schéma d'assainissement, les communes de plus de 2 000 habitants ont l'obligation d'ici 2005 de mettre en place un système de traitement des eaux usées.
Qu’est ce que les eaux usées ?
Après avoir été utilisées pour la lessive, la toilette, la chasse d’eau, le ménage, la cuisine… les eaux sont évacuées par les réseaux d’assainissement. Ces eaux que nous rejetons sont appelées « eaux usées ».
Que traite une station classique ?
Une station d’épuration ne traite pas tout. Elle traite au mieux 80 % de la pollution qu’elle est censée traiter. Elle traite les matières organiques, mais ne traite ni les restes de peintures, ni les solvants, ni les huiles de vidanges, ni les pesticides, ni les médicaments. Ces déchets doivent être ramenés en déchetterie.
Ne jetons pas n’importe quoi n’importe où. Soyons plus responsables !!!!
La collecte et le transport des eaux usées
- L'assainissement collectif est adapté aux zones de densité de population assez importante. Il peut être :
- séparatif : lorsque les eaux usées (d'origine domestique et éventuellement industrielle) et les eaux pluviales sont collectées dans deux réseaux distincts.
- unitaire : Lorsqu'elles sont collectées dans un seul et même réseau.
Pour autant que les habitations soient raccordables aux réseaux publics d’assainissement, le propriétaire a obligation de procéder au raccordement, à ses frais, dans les deux ans après mise en service (Article L 1331-1 du code de la Santé Publique).
Chaque consommateur qui utilise l’eau, la salit. Il faut ensuite la traiter avant de l’évacuer dans le milieu naturel. Il est donc normal que chaque consommateur paye une redevance d’assainissement.
- Tant que le réseau public n’est pas encore construit et mis en service, vous n’avez pas à vous acquitter de la redevance d’assainissement.
- Si vous êtes raccordable mais pas encore raccordé, vous devez vous acquitter de la redevance qui pourra être majorée si le délai de deux ans est dépassé.
La gestion des eaux pluviales doit être intégrée au schéma d'assainissement pour pouvoir faire face à de fortes pluies ou aux orages. En effet, les eaux pluviales ruissellent sur les zones imperméables, tant sur le domaine public que privé (chaussées, toitures, parkings…) entraînant avec elles des papiers, des mégots, des déjections animales, qui seront traités en station d'épuration. C'est pourquoi le réseau d'assainissement et la station d'épuration doivent être adaptés à la collecte et au traitement d'un volume d'eau important sur une durée relativement brève. Les coûts de gestion des eaux pluviales relèvent du budget communal. (CCA fiche 4)
L'assainissement non collectif (individuel) est adapté aux maisons isolées ou aux regroupements de quelques habitations ne permettant pas le raccordement dans des conditions techniques et économiques acceptables. Les eaux usées des immeubles sont collectées dans une fosse septique toutes eaux (qui recueille les eaux issues de la salle de bains, de la cuisine, etc…). La fosse doit être reliée à un épandage souterrain qui permet d'utiliser la capacité d'épuration du sous-sol pour compléter le traitement commencé dans la fosse. (CCA fiche 4)
L’assainissement individuel (SDEA)
Mise en place ou la réhabilitation de l’assainissement individuel
- Pour qu’un système d’assainissement non collectif fonctionne, le dispositif doit être choisi en fonction de plusieurs critères (nature du sol, volume des eaux usées, surface disponible…).
Ces données peuvent vous être fournies par une étude de zonage de l’assainissement si elle est réalisée dans votre commune ou par une étude du sol réalisée par le propriétaire.
- Il vous faut ensuite demander l’autorisation au maire pour la réalisation ou la modification de votre système d’assainissement individuel.
- 48 heures avant la fin des travaux, il vous faudra avertir la collectivité de l'assainissement (votre commune, le SDEA) afin qu’elle effectue un contrôle de conformité qui s’effectue exclusivement à tranchées ouvertes.
La redevance d’assainissement
Si vous avez fait le choix d’installer un assainissement individuel alors qu’un collectif existe, la redevance d’assainissement est due.
Quelques règles à respecter :
- A partir de 2005, les communes devront contrôler l’entretien des installations d’assainissement non collectif. Les systèmes devront être aux normes, ce qui va entraîner un coût. Ce contrôle sera soumis à une redevance « assainissement autonome » qui se répercutera sur votre facture d’eau. En attendant, cet entretien doit être effectué par le propriétaire.
- Le propriétaire procédera à travers une entreprise spécialisée à la vidange de la fosse tous les 4 ans au minimum, après laquelle un justificatif lui sera remis. Les résidus résultant de la vidange devront être amenés en station d’épuration.
- Le propriétaire doit justifier l’existence d’un dispositif d’assainissement en bon état de fonctionnement et aux normes pour la conception et l’implantation.
- La réglementation impose une distance minimale de 35 m entre un système d’assainissement et tout puits, source ou forage. Il est conseillé de respecter un espacement minimum de 3 m avec les arbres les plus proches, de 5 m avec les habitations et de 3 m avec les limites de propriété.
- Les fosses ont un volume minimal défini selon la taille du bâtiment à desservir : 3 m3 au minimum pour un logement comprenant 5 pièces principales auxquels on ajoute 1 m3 par pièce principale supplémentaire.
- Il est exigé une qualité des eaux de 30mg/l pour les matières en suspension (MES) et de 40mg/l pour la demande biochimique en oxygène DBO sur cinq jours.
-Il est également dans l’obligation de tenir les accès à l’installation dégagés en permanence.
Le traitement des eaux usées
Une station de traitement des eaux usées dépollue les eaux usées. Les bactéries qui s'y développent dégradent la pollution. Les eaux traitées rejetées dans les cours d'eau ne sont pas potables, mais leur qualité est compatible avec celle du milieu récepteur. On ne recycle pas l’eau. Du traitement des eaux usées résulte des boues dites <> qu'il faudra traiter (déshydratation, stabilisation, stockage) avant élimination.
Les différents systèmes d’assainissement
Il existe plusieurs types de stations d’épurations : des STEP (station d’épuration) classique, des systèmes d’assainissement naturel (rhizosphère), et des stations d’épuration autonomes.
Le système d’épuration classique est adapté aux moyennes et grandes agglomérations.
Les systèmes alternatifs (lagunage naturel et rhizosphère) sont plus adaptés aux petites collectivités.
Une famille française rejette en moyenne, chaque jour, environ 500 litres d’eaux sales.
Les systèmes d’assainissement
Le lagunage naturel :
Avantages :
· Conception simple et peu onéreuse,
· Bon rendement pour le traitement,
· Exploitation économique,
· Vidange des boues tous les 10 ans,
· Très bonne intégration paysagère.
Inconvénients :
· Emprise foncière importante,
· Baisse de rendement par temps très froid.
La rhizosphère
Avantages :
· Bon rendement pour le traitement,
· Aucune nuisance olfactive,
· Emprise foncière faible,
· Résultats épuratoires très stables,
Inconvénients :· Conception plus onéreuse que le lagunage,
· Technique d’exploitation plus pointue,
· Vidange des boues 1 à 2 fois par an. |